[Test] Bloodforge

Le héros de Bloodforge est un ancien guerrier, reconverti en gentil chasseur. En revenant chez lui un cerf sur les épaules, il aperçoit son village en proie aux flammes et tue par erreur sa femme. Commence alors un long chemin de croix pour lui… et pour le joueur.

Le héros tue des ennemis de façon sanglante.

Pas besoin d’y aller par quatre chemins, Bloodforge n’est pas un bon jeu. Ce n’est pas non plus un mauvais jeu pour ainsi dire, il a des qualités. Il est moyen, de bout en bout, répétitif au possible et jamais à la hauteur de ses références.
Pour commencer, le titre possède une esthétique en noir, blanc et rouge qui rappelle Madworld — le jeu de PlatinumGames Inc., les papas de Bayonetta — et un gameplay très proche de God of War. Pour le reste, c’est à Skyrim qu’on pense : vikings, plaines glacées, casques à cornes. Même si Bloodforge a sa propre personnalité, on se rend rapidement à l’évidence qu’il ne fait pas le poids. Les erreurs sont multiples. On peut citer la caméra, qui se comporte n’importe comment durant les combats, les rendant illisibles dès lors que l’on affronte au moins deux ennemis. Il y a aussi le gameplay et le level design, en apparence solide (on peut varier les armes et les magies, on a aussi accès à des objets à utiliser au bon moment) mais qui se révèlent très vite répétés à l’infini.

Des pendus accueillent le héros.

Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti cette impression de fatigue lorsque dans un jeu vidéo vous voyez pour la centième fois le même monstre apparaître ; cette sensation arrive souvent en milieu ou en fin de jeu. Certains titres rivalisent d’ingéniosité pour éviter cette répétition. Dans Batman: Arkham Asylum les ennemis variaient, devenaient plus complexes à abattre ; dans Bayonetta les mise à mort tellement spectaculaires donnaient envie d’être le meilleur ; dans God of War on attendait avec impatience les boss monstrueux.
Ici, rien de tel. Bloodforge a eu sans doute les yeux plus gros que la tête, il a cherché à imiter ses aînés, à proposer une expérience visuelle inédite. Il y a bien les challenges avec ses amis qui peut soulever un sourcil d’intérêt : à chaque zone réussie, le joueur se voit noter et peut comparer ce résultat avec ses camarades. La direction artistique est un peu diminuée par la technique — tous les personnages ou presque portent des masques d’ailleurs, sans doute pour faire quelques économies d’animation — et les boss sont énormes mais télégraphient chacune des attaques comme un bon petit toutou. Aucun intérêt donc.

Un monde noir & blanc, aux inspirations vikings, s'étend devant le héros.

Au bout d’une heure, on a déjà l’impression que le jeu consiste en une succession d’arènes fermées et vides. Les ennemis sont les mêmes, les attaques se ressemblent toutes, les contres et les esquives manquent de répondant sans parler de la musique, toujours la même, encore et encore. Bref, disons le franchement : si vous avez 1200 points Microsoft, que vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous la dent et que vous adorez le beat’em all, alors, pourquoi pas.
Dans le cas contraire, ne prenez pas Bloodforge.

Un jeu de : Climax
Editeur :
Microsoft
Walkthrough : –
Date de sortie en France :
25 avril 2012
Support :
Xbox 360 (Xbox Live)
Prix : 1200 Microsoft Points (environ 15 €)

Author: Le Yeti

Le Yéti est scénariste et narrative designer, a travaillé chez Ubisoft et chez Monkey Moon. Il a aussi co-écrit un article dans Les Cahiers du Jeu Video : Girl Power #4 (disponible aux éditions Pix ‘N Love). Retrouvez-le sur Twitter ou sur SensCritique.

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