[Test] La Dingoo (partie II) – Gros Plan sur Dingux

Ce dimanche, Le Yéti revient pour nous parler de la Dingoo, la petite console chinoise. (J’en profite pour vous rappeler que l’émulation ne vaut que si vous possédez les jeux originaux à la maison, sinon c’est du piratage et cay mal ! ).
Un mois après une première partie consacrée aux premiers contacts avec la bête, Le Yéti s’est cette fois attaqué au système d’exploitation Linux installable sur la Dingoo.

Photo - Le Yéti

 

Le Yéti est scénariste et narrative designer, et bosse actuellement sur un jeu Ubisoft.

Il a aussi co-écrit un article dans Les Cahiers du Jeu Video : Girl Power #4 (disponible aux éditions Pix ‘N Love). Retrouvez-le sur son blog.

 

Après avoir découvert la bête et testé quelques jeux, je vous propose aujourd’hui de découvrir en détail les possibilités de la Dingoo avec Dingux, un OS alternatif basé sur du Linux, qui permet de multiplier les possibilités de la console… Mais à quel prix ?

Autant le dire de suite, si vous êtes une quiche en informatique et en bidouillage, il va vous falloir un ami patient pour vous aider à installer Dingux. Il va falloir commencer par trouver une carte mini-SD, ce qui est finalement assez rare dans les magasins de nos jours (soit du SD, soit du micro-SD). J’ai personnellement suivi ce tuto pour bien installer ma Dingux et à part quelques problèmes de reconnaissance de ma console en mode root, tout s’est plutôt bien passé. Le principe consiste à mettre en place un dual boot sur la carte mini-SD et la lancer lorsque vous allumez votre Dingoo pour avoir accès à l’OS.

Photo  de la Dingoo

Alors, pourquoi il faut être doué en informatique et en bidouillage ? Simplement parce que Dingux demande pas mal de travail : il existe plusieurs menus différents, les applications sont rangées dans des dossiers différents de la Dingoo de base ou il y a encore la possibilité de créer des scripts qui permettent d’éteindre la console ou de lancer tel émulateur avec telle option.

Dingux propose donc un OS très personnalisable à la place du rigide mais efficace OS de base de la Dingoo. On retrouve d’ailleurs sur Dingux l’esprit de certains linkers pour DS qui deviennent des petits media center.

Mais pour arriver à un menu utilisable et fonctionnel, il faut pas mal de travail si vous n’êtes pas aussi doué(e) que Chloé de 24.
L’installation demande de flasher la carte mini-SD qui s’enfonce dans un slot terriblement étroit ; une fois entrée, il est quasiment impossible de la faire sortir sans faire subir d’atroces tortures à sa petite Dingoo.

Photo  de la Dingoo

Ensuite, il va falloir se dépatouiller avec une arborescence complexe : le menu se range dans un dossier et le script pour lancer le menu se trouve dans un autre endroit… et il faut le changer à la main. Heureusement que les tutos sont assez simples. Encore une fois, je n’ai eu aucun problème, mais je pense que la majorité des gens qui n’ont pas l’habitude de tripatouiller ce genre de choses vont s’y casser les dents.

Plus triste, pour lancer Dingux il faut forcément garder SELECT appuyé lorsque vous lancez votre Dingoo. Écran noir, lignes de codes et finalement le menu se lance 4 à 5 secondes après. Le menu que j’ai utilisé rappelle celui de la GP32X (une console du même genre que la Dingoo). De nombreux émulateurs sont disponibles ; même des choses assez improbables comme du SCUMMV (le moteur de Lucas Arts) ou même des portages de Planescape Torment ou de Cave Story. Le pack que j’ai téléchargé se ramène même avec Hexen, Doom, Wolfenstein… Enfin le pack classique de l’OS basé sur du Linux.

Photo  de la Dingoo

Malheureusement, si ces portages marchent plutôt bien, la console n’est absolument pas faite pour : jouer à un FPS, même ancien, à la croix relève rapidement du calvaire. Les portages plus osés rament à mort, malgré les possibilité d’overclocking de la bestiole.

On a accès à des émulateurs plus rares aussi : de la Dreamcast ou de la PSX que je n’ai pas pu tester, faute de trouver des roms à temps. Toutefois sur la première comme sur la seconde console, les résultats sont assez moyens et mitigés. Encore une fois la Dingoo, malgré sa puissance, n’arrive pas à la cheville d’une PSP.

Photo  de la Dingoo

Passons sur des consoles plus anciennes. Comme je l’avais dit dans la première partie, la Dingoo de base fait tourner énormément de jeux SNES, NES ou Megadrive.
La Dingux promettait toutefois plus d’options et plus de compatibilité. Problème : l’émulateur SNES de la Dingux a, pour moi, bien moins marché que l’émulateur SNES de la Dingoo.
FFVI tournait au ralenti et après un bidouillage dans un menu pas clair du tout, ça s’est légèrement amélioré. Sur GBA, l’émulateur n’arrive pas non plus à la cheville de l’émulateur Dingoo avant d’être allé dans les options.

Grosse déception qu’il faut toutefois nuancer : sur Dingoo, ça marche ou ça casse alors que sur Dingux, même avec une rom qui ne semble pas fonctionner, vous avez une chance de trouver une solution.

Photo  de la Dingoo

Pour résumer, Dingux c’est donc une arme à double tranchant : plus de liberté mais plus de bidouillages. La Dingoo en elle-même, avec son petit prix, sa finition plastique et son interface simpliste a en fait déjà tout ce qu’il faut pour assurer son rôle : faire tourner de l’émulation, proprement et sans bavure. Bien sûr, elle n’est pas parfaite et ceux qui trouveront leur limite avec la Dingoo auront de quoi s’amuser sur Dingux. Pour le commun des mortels, ceux qui veulent juste s’enchaîner tous les Mario et les RPG de Square, pas besoin d’aller plus loin.

Author: Le Yeti

Le Yéti est scénariste et narrative designer, a travaillé chez Ubisoft et chez Monkey Moon. Il a aussi co-écrit un article dans Les Cahiers du Jeu Video : Girl Power #4 (disponible aux éditions Pix ‘N Love). Retrouvez-le sur Twitter ou sur SensCritique.

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