[Test] La Dingoo (partie I) – Premiers pas avec la Dingoo

Ce dimanche, Le Yéti investit Plopisation pour nous parler de la Dingoo, la petite console chinoise. (J’en profite pour vous rappeler que l’émulation ne vaut que si vous possédez les jeux originaux à la maison, sinon c’est du piratage et cay mal ! ).
Comme Le Yéti a plein de choses à dire sur la Dingoo, son article sera publier en deux parties.
Mais d’abord, quleques mots sur l’invité du Dimanche (car quelque chose me dit qu’il reviendra… Enfin j’espère.) :

Photo - Le Yéti

 

Le Yéti est scénariste et narrative designer, et bosse actuellement sur un jeu Ubisoft.

Il a aussi co-écrit un article dans Les Cahiers du Jeu Video : Girl Power #4 (disponible aux éditions Pix ‘N Love). Retrouvez-le sur son blog.

 

Premiers pas avec la Dingoo

La Dingoo n’est rien d’autre qu’une petite console chinoise : un écran LCD, une croix, quatre boutons et deux gâchettes. En apparence, une sorte de GameBoy Micro en plastique, disponible en deux coloris : blanc et noir. Pourtant, elle dispose d’un catalogue de 10 000… 20 000… Comment ? La Dingoo est avant tout une console dédiée à l’émulation. GameBoy, GBC, GBA, SNES, NES, Megadrive, NeoGeo Pocket, bornes d’arcade Capcom, PC-Engine… Tout y est où presque. Toutefois, est-ce que la qualité est au rendez-vous ? Que vaut cette petite console qui ne paye pas de mine ?

Une console de qualitay

Autant le dire de suite : la Dingoo vaut son prix. 85€ frais de port compris (il existe sûrement moins cher mais je suis passé par ExtremeJeux — je suis pas là pour faire de la pub, je vous laisse chercher…). La finition fait tout de suite sentir que la console ne sort pas de chez Nintendo ou Sony. Le modèle que j’ai, A320 ressemble à une GameBoy Micro, le modèle suivant ressemble lui à une petite PSP (elle est aussi légèrement plus puissante mais n’apporte aucune autre nouveauté).

Photo de la Dingoo aux côté de la DS et le l'Iphone
Au premier contact, on sait que l’on va un peu souffrir : les gâchettes sont minuscules, les finitions pas brillantes. Le port casque (placé justement là où l’on met sa main droite…) est étroit, le bouton Power résiste comme jamais et les boutons font ce petit bruit désagréable que l’on peut trouver sur la DS Lite. À noter que la console possède un port MiniSD (non, vous ne rêvez pas, nous sommes en 2011) et une sortie mini-USB.
Les mauvaises nouvelles continuent : l’écran est petit, pas forcément lumineux ni contrasté ; le plastique qui le protège est trop réfléchissant pour un plaisir de jeu optimal. On sent que c’est pas du haut niveau, le tout fait très plastique, cheap, genre le lecteur MP4 à 30€ qu’on offre à sa petite cousine de 8 ans. De la déception peut se lire sur mon visage lorsque j’allume dans la bête… À la sortie de sa boîte. La console est déjà chargée. Ça, c’est de la grande classe.

Photo - La Dingoo, de côté

Une console qui émule mais pas que

Parlons rapidement des jeux Dingoo : quelques puzzle-game sympathoches, un survival-horror 3D pas dégueu (7 Days qu’il s’appelle) et d’autres petites surprises. Rien de bien excitant mais les développeurs sur Dingoo semblent se donner du mal pour offrir autre chose que des clones sans vie. Il est utile de rappeler que la petite console lit divers formats audio et vidéo (lecture de très bonne qualité malgré le petit écran), permet de lire des e-books ou encore d’écouter la radio et de regarder des photos. Truc inutile mais on sait jamais : la console est dotée d’un micro et d’une petite application d’enregistrement.
Tout ça c’est bien joli mais on a acheté la Dingoo pour une bonne raison : l’émulation. Avant de commencer à en parler en détail, je vais teaser un peu. Pour bien profiter de sa Dingoo, le mieux est d’installer Dingux, un OS supplémentaire basé sur Linux. À partir de là, c’est la fête du slip : tous les émulateurs Linux ou presque passent, même SCUMMVM. Certains fous furieux arrivent même à faire tourner des émulateurs PSX ou des jeux comme Baldur’s Gate ou Planescape: Torment.

Photo - Le menu de la Dingoo
Tout cet aspect de la console… il faudra attendre que je mette mes mains dans le cambouis, ça devrait arriver ce week-end. D’ici là, l’OS de base de la Dingoo vous permet déjà pas mal de choses. Vous prenez vos roms, vous les glissez dans le dossier de la console sur votre ordinateur et c’est parti.
J’ai tout de suite lancé LE jeu que je n’ai jamais pu finir tellement que je suis une quiche : Altered Beast sur Megadrive. Surprise : l’écran s’en sort finalement mieux en émulation. Il est précis, respecte la console et les couleurs. Les petits haut-parleurs de la console s’en sortent pas trop mal non plus. Je rappelle que ça coûte 85€. Altered Beast se joue comme il faut, les contrôles sont paramétrables. Après avoir essayé plusieurs jeux Megadrive, on note toutefois un certain scintillement lors des scrollings horizontaux… ce qui concerne quand même une énorme partie des jeux de la console de SEGA. J’ai pu faire quelques minutes de Sonic The Hedgehog, Aladdin, Columns, Jurassic Park, Quack Shot et Monster Boy III.

Photo - Emulation de la Mégadrive

Une console qui rend nostalgique…

Passons maintenant sur SNES. Direct, Final Fantasy VI dont le son grésille. Dommage. Même constat devant quelques autres jeux qui passent moyennement. Live A Live pareil. Les trois Donkey Kong passent parfaitement bien. De même pour ActRaiser ou Killer Instinct. Star Fox et Star Ocean ne passent pas… mais là, c’est classique, la faute à des puces spéciales présentes dans les cartouches d’origine. Résultat mitigé pour la SNES mais l’émulateur présent sur Dingux (l’OS alternatif) est censé être parfait.
C’est avec le cœur serré que je lance alors les roms GBA. Autant l’écran de la Dingoo s’en sort parfaitement bien pour les jeux Megadrive et SNES, autant là il propose deux modes : taille réelle et zoomé. Ce dernier est assez innomable, en particulier sur des titres comme Metroid: Zero Mission ou les Castlevania. Je préfère donc jouer en taille réelle à Breath of Fire, F-Zero ou Sonic Advance (voire Sonic Advance 2 ou même Sonic Advance 3). Dans ce mode, l’écran est fortement réduit MAIS la qualité est au rendez-vous.

Photo - L'émulation de la GBA

Une console qu’elle est bien pour jouer

Et c’est là qu’un évidence me frappe. Comme toutes les consoles portables, on commence toujours par regretter la taille de l’écran avant d’oublier totalement à quel point il est petit. Pour avoir quasiment terminé Metroid: Zero Mission en taille réelle (donc qui ne recouvre pas tout l’écran de la Dingoo), ça ne pose aucun problème. On s’habitue sans problème.
Plus compliqué : la prise en main. La Dingoo n’est pas la console la plus ergonomique du monde. Elle fait mal lorsqu’elle est tenue trop longtemps et peut poser quelques soucis s’il faut à la fois presser les gâchettes et les boutons. Toutefois, comme les boutons sont paramétrables… il y a toujours moyen de s’en sortir.

Photo : Prise en main de la Dingoo (crédits photo : http://hollingsbee.com/blog)
Encore mieux : tous les émulateurs proposent des sauvegardes en temps réel avec même une preview visuelle pour charger le bon fichier. L’autonomie de la console est annoncée autour de 5 heures (j’avoue ne pas avoir testé ça en détail) et elle propose plusieurs modes de veille. Elle ne pèse rien prend une taille mini dans la poche. Et se recharge en USB sur le secteur (prise fournie) ou sur le PC avec n’importe quel câble USB/mini-USB.

Conclusion de ces premiers pas

Il reste encore de nombreuses zones d’ombre. Impossible de faire tourner une rom GameBoy Color ou NeoGeo Pocket, émulation SNES à la ramasse, aucune option de lissage de l’écran ou encore des roms qui plantent de temps à autre (en même temps, c’est de l’émulation je rappelle). Ses qualités sont toutefois indéniables et elle a un petit quelque chose de touchant. Ce qu’elle fait, un linker DS, une PSP ou Wii piratées voire un iPhone ou un smartphone Android… bref, quasiment tous les appareils peuvent le faire. Alors pourquoi dépenser 85€ ?

Photo - Emulation Super Nes
Peut-être parce qu’elle a une forme et une prise en main qui rappelle très fortement la SNES et qui se plie sans doute mieux à l’émulation qu’un écran tactile. Aussi parce que ça marche et que c’est simple comme bonjour. Sans doute aussi parce que la Dingoo est unique et que c’est quelque chose que l’on achète exclusivement pour l’émulation (et ses capacités multimédia pas totalement inutiles).

Je suis assez convaincu par la bête… il ne reste plus qu’à voir ce qu’elle a dans le ventre une fois bidouillée et trafiquée ! À la prochaine fois !

PS : il y a sans doute bien plus à faire avec l’OS de base mais j’ai volontairement limité mes recherches et mes tentatives. Attendons de voir si Dingux, l’OS alternatif, tient ses promesses.

Les caractéristiques techniques :

Dimensions : 125×55.5x14mm
Poids : 110g
Écran : 2,8 QVGA
Audio : MP3, WMA, APE, FLAC
Vidéo : RMVB, RM, AVI, WMV, FLV, MPEG, DAT, Mp4, ASF
Sortie vidéo pour télévision (câble fourni)
Mémoire : 4GB
Autre : Batterie interne, câble USB + adaptateur fournis.

Author: Le Yeti

Le Yéti est scénariste et narrative designer, a travaillé chez Ubisoft et chez Monkey Moon. Il a aussi co-écrit un article dans Les Cahiers du Jeu Video : Girl Power #4 (disponible aux éditions Pix ‘N Love). Retrouvez-le sur Twitter ou sur SensCritique.

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4 Comments

  1. Encore merci à Diraen de m’avoir publié 😀

    Et merci aussi à Lunem et aux autres qui m’ont donné envie de m’en prendre une 😛

    Vivement que j’installe ce Dingux — mais ça bugge avec mon PC, je dois faire ça au boulot… 🙁

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    • Merci à toi pour cet article de qualitay qui masque astucieusement mon manque d’inspiration du moment.

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  2. Ah merci pour ce dossier hein, j’ai envie de m’en racheter une maintenant. 😛 A noter que j’ai jamais tenté Dingux et que néanmoins mes jeux favoris sur Neo Geo et CPS2 passaient sans problème :3

    Un autre raison de prendre la Dingoo; non seulement c’est réellement une console « de poche » mais en plus on ne pleure pas du sang si il lui arrive quelque chose (bon j’avais payé la mienne moitié moins cher que toi en même temps 😀 ). Je l’avais revendue parce que la Dingoo noire a un atroce défaut pour les psychopathes comme moi: rien qu’en la regardant on arrive à la rayer et après on ne voit plus que ça…j’ignore si le défaut a été corrigé depuis. Je la rachèterai donc en blanc :B

    PS: Scummvm sur Dingoo, non mersea.

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  3. Sympa la prés, avec des jolies photos et tout 😀 Je fais partie des adeptes, même si j’ai un peu lâché, faudrait que je cherche des jeux qui seraient plus mon type. Sinon on me dit de te dire qu’une update pour l’émulation SNES est sortie et que ça supprime quasi tous les grésillements.

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