Paris Games Week 2013 – Pourquoi je n’aime plus ce salon

Il y a neuf jours, l’édition 2013 de le Paris Games Week (PGW pour les intimes) a fermé ses portes au public.
Pour rappel, le Paris Games Week c’est le plus gros salon français grand public consacré aux jeux vidéo.
En fait, le PGW, ça voudrait bien être une sorte de GamesCom à la française mais sans la partie dédiée aux professionnels et sans les nouveaux titres à découvrir, ça reste juste le Paris Games Week.

Logo Paris Games Week

Il y a deux ans, le PGW avait besoin de pub pour sa seconde édition et m’avait donc invité à la soirée d’ouverture. Cette année, j’ai juste été invitée à découvrir le salon une fois les portes ouvertes au grand public. Et entendons nous bien, c’est déjà pas mal hein, je ne me plaint pas, ce n’est pas à cause de ça que je suis un peu amère.
Ça veut juste dire que cette année, je ne vous montrerai pas de jolies photo d’allées moitié vides et vous ne pourrez pas admirer les jolis stands tout bien décorés, mais bon, je pense qu’on s’en remettra tous. A la place, mes photos montrent la réalité, c’est à dire le monde.
Un monde fou.

Un monde fou

D’ailleurs, les chiffres sont tombés, cette année, le salon à reçu pas moins de 245 000 visiteurs.
Ça fait beaucoup. En même temps, c’est bien ce qu’on attend d’un salon : qu’un maximum de monde vienne voir les produits montrés. Et c’est bien là le problème. Le PGW est devenu « juste » un salon.

Il y deux ans, la surface était plus petite et j’avais passé un bon moment à traîner entre les stands. J’y étais même allée 3 jours de suite ; pour dire si j’étais enthousiaste.
Il y avait les jeux évidemment, mais surtout des passionnés. J’y avais croisés de magnifique cosplay porté par des cosplayers enthousiastes. Il y avait ce sculpteur sur glace qui avait donné vie à un Sonic brillant, bref, c’était bien sympa.
L’année dernière pour cause d’arrivée de mini-plop, j’avais passé mon tour et cette année, je n’ai pas retrouvé la magie.

La scène ESWC

Cette année, l’ESWC avait une place de choix (et c’est plutôt bien parce que le e-sport, j’aime) mais ceci mis à part, il n’y avait rien à voir. Enfin si, on pouvait faire une heure et demi- de queue pour jouer à Assassin’s Creed IV, sortit 2 jours avant, ou faire 3 heures de queue pour voir un mec jouer à la démo de Watch_dogs, le jeu d’Ubisoft repoussé à l’année prochaine.
Mais de cosplayer, peu de traces.

Coin détente de l'espace Junior

Le seul truc positif que j’ai retenu de ce salon c’est l’espace junior. Magnifiquement phagocyté par Disney Infinty et par Skylanders, c’était malgré tout l’espace zen de le PGW : le niveau sonore y était supportable, il y avait un espace de jeu « physique » comme ceux qu’on trouve dans les parcs pour permettre aux plus jeunes de se dépenser et surtout, l’espace Jeux made in France.
L’occasion pour des petits studio « bien de chez nous » de montrer ce qu’ils développent en ce moment, et ainsi de prouver qu’on regorge d’inventivité ou de remettre au goût du jour des productions emblématique qui ont fait les beaux jours de la French Touch comme DotEmu qui travaille sur un portage tablette de Little Big adventure ; portage présenté par Frédérick Raynal en personne.

F. Raynal & DotEmu

Bref, la meilleure partie de cette Paris Games Week c’était l’espace Junior. Mais ça n’est pas suffisant pour me donner envie de revenir l’année prochaine…
A part Gran Turismo et The Crew, tous les jeux sont déjà sortis ou testables dans la Micromania le plus proche. Et franchement l’idée de mettre la main sur les nouvelles consoles (celles qui sortent dans moins d’un mois) n’était pas suffisante pour enflammer mon petit coeur de gameuse.

Bornes Gran Turismo

Au moins, dans le genre mercantile, la Japan Expo arrive encore à vous faire croire que ce salon est destiné aux fans et qu’il est l’occasion de vivre une expérience que vous ne trouverez nul part ailleurs. Et c’est ça qu’il manque à la PGW : une âme.
La seule lueur d’espoir, la petite lueur d’intelligence dans ce regard bovin salon c’était le stand des jeux français donc. Et c’est vraiment trop mince pour me donner envie de remettre le couvert.
En un mot comme en cent, l’année prochaine, à moins que le salon ne se rachète une âme, je resterai chez moi !

The Crew

Ah si , mention spéciale à Activision et Namco Bandai pour « comportement contre productif » (et encore, je suis polie). Le but de PGW était à la base, de promouvoir les jeux vidéo et de véhiculer une image positive de ce loisir.
Hors, avec son concours idiot autour de Call of Duty : Ghosts (500 exemplaires de l’édition Prestige offerts aux 500 premiers arrivés), Activision a ouvert la porte aux pires débordements (et évidemment, ce sont ceux qui ont le moins les moyens qui étaient les plus « motivés » donc bonjour la stigmatisation qui s’en est suivie…) et on a vu des joueurs finir par faire le service d’ordre eux-même. Merci pour l’image positive.

Mais bon, ça a « vraiment surpris tout le monde » (« looooool » c’est le seul truc qui me vient).

De sont côté, Namco Bandai avait dégoté le pire animateur possible sur sa scène. Passons sur le fait que le micro était poussé à fond, couvrant le son des stands adjacents, comme celui de  Game-One installé juste à coté, et qu’on était certain de perdre 2 db à chaque oreille à chaque fois qu’on passait à côté ; l’animation sur cette scène, c’était le fête du mauvais goût.
Réflexions sexistes balancées à la volée :


Animations autour d’affrontement entre joueurs basées sur l’humiliation (« merci pour ta participation, mais s’il te plaît, à l’avenir.. arrête le jeu vidéo t’es trop nul ») pondérées de la manière la plus schizophrène qui soit par des réprimandes au public (« oh-la, on ne siffle pas ! On a l’esprit sportif ici ! »), bref, Namco Bandai nous à montré le meilleur de l’industrie (ou pas).

Après faut pas se plaindre si les joueurs sont insupportables et souffrent d’un mauvaise image, hein…

Author: Diraen

Pour maîtriser un peu mieux le concept de la Diraen (qui se prononce « dira haine »), il faut considérer que je suis maintenant une femme de 40 ans, qui aime tellement les jeux vidéo qu'elle travaille désormais à leur production et qui raconte sa vie ici, plus ou moins régulièrement, depuis plus de 15 ans.

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5 Comments

  1. Moralité, t’aurais dû aller au salon du chocolat ! (moi j’aurai bien voulu voir des photos, à défaut d’un échantillon )

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  2. Bonjour Diraen,
    Sympa le résumé et qui le reflète le sentiment que j’ai eu lors de ma visite pendant 2 jours.
    Venant de la Martinique j’ai profité de mon passage à Paris pour assister à l’évènement .
    Sentiment mitigé après mon séjour!!!J’ai eu l’impression d’assister à une guerre marketing et à celui qui fait le plus de bruit en gueulant dans son micro (les bleus VS les verts!)
    Des queues pas possible pour testé des jeux qui ne sont pas loin de sortir.

    Points positif:Le stand retro gaming bien sympa , Le stand pour les Juniors , Le stand faisant la promotion des jeux Made in France.
    J’espère être là pour la Comic Con l’année prochaine et retrouvé une ambiance beaucoup plus conviviale que la PGW.

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    • Salut Wicked !

      Comme tu le soulignes, il y avait des points positifs, mais tu remarqueras qu’ils étaient tous situés sur le Floor Junior.
      J’espère que la Comic Con cette année sera un peu plus vivante que cette année, où la meilleure partie était, à mon avis, les allées dédiées au « fan made ».

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  3. Quelle tristesse que ce salon.
    Il n’a pas la taille suffisante pour contenter tous ses visiteurs.
    Il n’a pas l’aura pour attirer les éditeurs et leurs exclus, et sa date ne peut en faire qu’un salon consumériste de Noël.
    Il n’a surtout pas le public intelligent, correctement élevé d’une Gamescom ou d’un TGS. J’ai même envie de dire qu’il attirer un peu les neuneus. Attendre des heures pour jouer à un titre déjà en boutiques ou sur le point de l’être ? Mais pourquoi ?

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    • T’as bien résumé la situation.
      Quand au « pourquoi » j’attends toujours une réponse compréhensible…

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