La paternité du joueur

Ça fait des semaines que je vous annonce l’arrivée de nouveaux rédacteurs sur le site, voici que le premier d’entre eux, Monochrome, nous propose pour commencer une sympathique chronique…

Je joue, donc je suis. Une déformation de la citation classique pour faire une blague. Mais au final, de nombreux joueurs l’adoptent, simplement parce que leur passe-temps les définissent comme tel – des joueurs. Nombreux sont ceux qui y trouvent refuge, occupation, et certains y trouvent même la source de leurs revenus.

Nombreux sont les obstacles de cette définition de la vie du joueur. Les parents, l’éducation (à mon époque), le travail et finalement la vie de famille. Arriver à coordonner le tout est souvent un problème qui donne lieu à l’abandon presque complet de l’activité – vidéoludique ou tout autre, pas suffisamment adulte aux yeux de ceux qui autrefois pensaient ne jamais grandir, et qui ont fini par perdre toute innocence, et perdre leur cœur d’enfant.

D’autres ont su garder cette part en eux tout au long du parcours de leur vie mais finissent par se heurter à un problème : le temps.

J’ai su jongler pendant de nombreuses années avec tout ça. En admettant tout de même deux gros avantages :
1- ma femme joue un peu, et est d’une flexibilité incroyable.
2- je travaille dans l’industrie du jeu vidéo depuis une douzaine d’années.

Cependant, j’ai fini par admettre qu’un membre de la famille en plus ne serait pas de trop, et là, combien de personnes, d’amis même proche ont annoncé la fin des temps joyeux, l’apocalypse même, la vraie vie d’adulte sérieux® !
Et pourtant, rien, ou presque n’a changé.

Bébé allongé sur le torse d'un homme qui tient une manette 360 à la main

Pendant la grossesse de ma femme, le rythme était le même pour moi, voire même plus intense – plus de soirées seul devant la grande TV du salon, j’étais libre de faire ce que je voulais (note : je le suis plus ou moins tout le temps, mais bref).

Et là, j’ai pu depuis le début de l’année, terminer plus d’une demi-douzaine de titres. Jusqu’ici tout va bien.

Lorsque ma fille est venue au monde il y a bientôt 2 mois, je pensais effectivement devoir changer de rythme. En effet, c’était le grand moment inconnu – la terrifiante présence enfantine qui demande réactivité et disponibilité au moindre cri, pleur ou autre bruit suspect. Et pourtant ça n’a presque rien changé.

Presque. Ma fille est d’un calme relatif. Et d’une certaine régularité. Néanmoins, il lui arrive d’avoir des journées où notre présence est plus que demandée à chaque instant de son éveil.

Ces exceptions écartées, j’ai au final le temps de faire ce que je veux. Pour preuve, j’ai fini Far Cry 3. J’ai entamé The Last Of Us, pour probablement le terminer cette semaine. Et j’ai continué un certain T-RPG sur PSP par la même occasion.

J’entends déjà la foule crier au scandale. Mais au final j’ai toujours su jongler avec tout ça. La paternité assumée en tant que joueur est plus que possible – elle est plaisante. Et qui sait, je pourrais certainement partager le tout avec elle quand sera assez grande pour le faire, puisqu’au final, quoi de mieux pour comprendre ses enfants que de partager une ou plusieurs passions avec eux ?

J’y compte bien, et j’ai hâte d’en arriver là.

Author: Monochrome

Dans la production vidéoludique le jour, et ...autre chose la nuit ! Beaucoup trop de choses à faire dans la vie, et pas assez d'heures dans une seule journée pour les faire. Je dois faire partie de ces éternels insatisfaits qui finissent par trouver le bien-être au travers d'un espresso, le matin sur son balcon. Ou en écrivant quelques lignes qui me passent par la tête.

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