Justine…

Peu après la nouvel an, je me suis fait une « nuit de l’anorexie ». Je sais le terme est tout sauf classe. A la base, j’avais comme tout le monde été saoulée de reportage sur les pro ana avec toutes ces images horribles de jeunes fille squelettiques et de démonisation du net, d’où apparemment était parti ce « mouvement ».
A la fois motivée par mon envie de comprendre et par la part de voyeurisme qui, comme tout être humain, m’habite, je me suis lancée dans une recherche qui m’a fait découvrir un nombre angoissant de sites débiles. La réflexion qui porte ce mouvement est « les anorexiques sont très maigres parce que leur comportement face à la nourriture les a amaigries. Moi, j’arrive pas à suivre un régime donc je vais faire pareil qu’elles ».
Mais au secours quoi !!!
Elles n’envisagent pas une seconde que les « vraies » anorexiques sont malades et finissent par souffrir du rapport conflictuel qu’elles ont avec l’image de leur corps.
Ces illuminées (oui parce apparemment, il n’y a que les filles qui sont dépourvues de cerveau sur ce sujet) militent pour que l’anorexie mentale ne soit plus considérée comme une maladie…
Bon forcement, au bout de 3/4 d’heure, on a fait le tour du ramassis de bêtises qui soutient le mouvement, mais, au fil de mes pérégrinations, je suis tombée sur le site de Justine.

Justine, alias youstinette, avait 14 ans quand elle a commencé un régime « pour être belle » et s’est fait happée par la spirale infernale de l’anorexie qui lui a fait perdre 36 kilos. Hospitalisée, épuisée, Justine est nourrie à l’aide d’une sonde pendant des mois, et entame son blog. Ce petit journal en ligne raconte, jour après jour ses doutes, ses souffrances, ses batailles et ses défaites face au « serpent » qui la ronge et met sa vie en danger. J’ai pas pu m’arrêter avant d’avoir lu les cinquante et quelques pages de ce blog (ce qui m’a pris a peu près 2 heures) et de savoir si elle s’en était sortie.

Car malgré la souffrance pour les yeux (le blog est tout flashy), le propos est poignant. Aujourd’hui Justine une ravissante jeune fille de 17 ans qui a publié son expérience dans le livre « Le jour où j’ai arrêté de manger » qui est sortit ce mois-ci.
Je lui souhaite tout plein de bonheur parce que cette petite puce m’a vraiment impressionnée et que son récit m’a mis, je l’avoue, une petite claque.

Extraits:

« Je tiens depuis des mois. J’ai déjà perdu presque dix kilos. Il faut que tout ce que j’avale tienne dans un bol. On peut y mettre une tranche de jambon, trois haricots verts et un yaourt. Si le contenu dépasse le bol, c’est une catastrophe. Et je ne sais plus où j’en suis. »

«(…)Je pense que les gens imaginent les anorexiques comme des filles capricieuses, le genre qui veut maigrir pour ressembler aux couvertures de magazines. Or je n’ai pas fait ce régime infernal, jusqu’à peser 40 kg, pour me pavaner en maillot de bain ou en décolleté plongeant. Je continue de me trouver moche, alors que ces filles se trouvent belles en squelettes ! Leur image dans la glace est déformée.

Certaines adorent contempler leurs os comme des bijoux affleurant sous la peau. En ce qui me concerne, je les cache soigneusement. Ils sont douloureux. Je me voulais mince, je ne savais pas que je tomberais dans ce piège fatal. C’est inconsciemment suicidaire. Or je ne veux pas mourir. D’une certaine façon, j’ai voulu protester contre quelque chose mais ce quelque chose est multiple. Manque de tendresse maternelle, mauvaise image de moi, caractère impérieux et dominateur sous des dehors de soumission. Refus d’être écartée de la vie de mon père et d’y participer. Mais avec cette sonde dans le nez, en ce mois de juin, je suis incapable de faire le point.

Les mots ont leur importance symbolique. Je me voulais en vache efflanquée même si ce n’est pas beau. Et j’ai décidé d’ignorer cette laideur en la recouvrant de vêtements divers et appropriés. Si on ne m’avait pas traitée de grosse vache, j’aurais peut-être laissé faire la nature et mon métabolisme aurait repris les rênes. Certaines adolescentes récupèrent un corps normal après cette poussée d’hormones. Et la nature fait souvent bien les choses.»

Métro en a parlé

Author: Diraen

Pour maîtriser un peu mieux le concept de la Diraen (qui se prononce « dira haine »), il faut considérer que je suis maintenant une femme de 40 ans, qui aime tellement les jeux vidéo qu'elle travaille désormais à leur production et qui raconte sa vie ici, plus ou moins régulièrement, depuis plus de 15 ans.

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6 Comments

  1. La petite Justine est passée hier soir sur M6 chez Fogiel.
    Définitivement, cette jeune fille me scotche… ouep, elle me scotche.

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  2. j’en sautille d’impatience…^^

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  3. Bon ok le sujet n’est pas gai mais ca m’a touché et j’en parle :p
    Et puis la vie n’est pas rose tout les jours…
    T’inquiètes, demain je te parlerai de l’élevage de puce sous les aisselles de moines en pentagonie du nord…

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  4. c’est glauque… T’as pas plutôt des sujets « joyeux-joyeux » comme ton « renversage » de jus d’orange sur ton clavier, ton scratch disque intempestif, ton déboitage de genoux, tes cadô de noel … ca donnera une petite note burlesque des plus agréable ^^
    je blague…
    Tu veux pas parler des ‘tites n’enfants de 4 ans chinois qui travaillent pour nous?

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  5. xunk… je te merde 🙂

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  6. (\__/)
    (=’.’=)
    (« )_(« )

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