Geekopolis 2013 – Le bilan

On est mardi, c’est donc le Geekopolis Day. J’en suis encore à trier mes 450 photos et à remettre en forme mes innombrables notes mais ce ne m’empêche pas de vous livrer mon avis global sur cette manifestation en attendant, peut-être, des articles plus détaillés.

Tout d’abord parlons de ma principale déception puisque c’est celle qui m’a sauté aux yeux peu de temps après être entrée dans le festival : l’esthétique. Je ne sais pas si on me l’a sur-vendu ou si je me suis fait des films mais je m’attendais à un cadre profondément immersif. Alors soit, on n’allait pas tendre un ciel de lit géant pour planquer les bouches d’aération mais je m’attendais à ne PAS voir la structure des stands, alors qu’en fait, on les voyait très, voir trop bien, ces structures métalliques moches.
Le quartier qui s’en sortait le mieux, c’était Nautilus, talonné de près par Avalon, soit, respectivement, les univers Steampunk et médiéval-fantastique.
Et je ne reviendrais même pas sur cet argument masse entendu deux fois « Nan mais pour eux (les stands Steampunk) c’est plus facile ».
Si revenons-y : mais oui, bien sûr, c’est vrai que le style acier riveté c’est plus facile à mettre en place que des tentures en papier de riz. Parce que s’il y a bien un quartier tout pourri, esthétiquement parlant, c’était Little Tokyo. Si on fait abstraction du jardin zen et du stand Atsu Atsu, on aurait pu être dans n’importe quel autre salon, ça marchait aussi…
Et c’est bien dommage car cette immersion totale est pour moi une constituante forte de l’ADN de Geekopolis. J’espère que les organisateurs pousseront les exposants à faire un effort l’année prochaine, quitte à ne leur laisser le choix qu’entre de la customisation de stand validée par un comité du bon goût et un pack de déco obligatoire.

Une autre chose qui m’a frappée, c’est que dans ce festival, on n’en veut pas à ton compte en banque. Non. On en veut à ton cerveau.
Ça faisait longtemps que je m’étais habituée à être considérée comme un portefeuille sur pattes. Mais là, pas du tout. Alors soyons réalistes, on parle d’un festival destiné aux geeks, ces acheteurs compulsifs, donc évidemment, il y avait des stands marchands et heureusement ! Mais on avait le choix. Beaucoup de stands, en particulier dans les parties steampunk et Med-Fan ont été pour moi l’occasion de me faire des envies mais surtout de discuter avec des créateurs et des passionnés. Ils n’ont pas essayé de me refourguer leurs créations à tout prix ; on a juste pris du temps, parfois beaucoup, pour discuter de leur art, de leur passion, du pourquoi, du comment, du quand et du combien. Résultat, il y a énormément de rencontres et de découvertes que j’ai envie de partager (d’autres articles donc normalement, et j’espère que la flemme ne sera pas la plus forte…).
Intellectuellement, culturellement, je suis partie de Geekopolis plus riche et c’est quand même super rare.
J’aurais aussi aimé partir plus pauvre, financièrement parlant, mais comme j’ai attendu le dernier moment pour faire mes emplettes et que’à Geekopolis on ne badine pas avec l’horloge, on m’a gentiment dit qu’il était trop tard et qu’on préférait que je débarrasse le plancher plutôt que de me soulager de mes euros. Je ne suis pas certaine que niveau profitabilité, c’était une bonne idée mais dans la démarche, j’ai été assez surprise (typiquement, je reste convaincue que c’est le bon moment pour garder ouverte la boutique centrale : on ferme les portes mais on laisse les gens finir de dépenser leur budget week-end encore pendant une demi-heure) .

Autre bonne impression : la population et la fréquentation.
D’abord, je n’ai croisé que des geeks ou des curieux mais dans le bon sens du terme : des gens curieux de découvrir, d’apprendre et/ou de comprendre, pas des voyeurs venus admirer une nouvelle faune bizarroïde.
Forcément, ça aide à la bonne ambiance générale, à Geekopolis, les gens se parlent entre eux, pour se poser des questions, pour se prendre des photos et discuter des costumes et des intérêts de chacun.
Ouais Geekopolis, c’est la ville rêvée, celle où l’on voudrait habiter et en plus, contrairement au métro qu’il faut prendre pour y arriver, ici il y a de la place pour tout le monde. À aucun moment je ne me suis sentie oppressée, écrasée, bousculée ou piétinée. La dernière fois que je suis allée au « Palais des Congrès Paris-Est Montreuil », c’était en 2006, pour la première édition du festival du jeu vidéo. Et je n’en garde pas un bon souvenir DU TOUT, trop serré, trop peuplé, trop « odorant », trop bruyant.
A Geekopolis, c’est tout l’inverse, à part les salles de conférences à l’étage qui ne devaient pas être aérées tous les soirs et dont l’air vicié vous filait mal au crâne en fin de journée dimanche, tout le reste était parfait !

Le seul point négatif, c’était l’équipe de support qui était majoritairement infecte. Franchement, je peux comprendre que pour cette première édition, tout le monde était TRES stressé, mais parler d’une façon aussi sèche aux visiteurs, leur donner l’impression qu’ils font chier alors que le festival est monté pour eux, c’est assez euh… déstabilisant. Lors de la soirée de lancement, les fondateurs étaient très fiers de nous faire remarquer qu’il n’y avait pas de bénévoles, seulement des volontaires rémunérés pour les deux jours de travail. Je trouve ça très cool et franchement éthique (pour ne pas dire carrément original) mais si c’est pour remplacer les passionnés par des salariés qui ne sont là que pour la paye et pas pour le fun, est-ce vraiment une bonne idée ?
Bon, ne noircissons pas le tableau à l’extrême, heureusement, on a aussi croisé des gens du staff très sympa, entre autre, à l’accueil (et tout cas, jusqu’à 17h45 dimanche…) où tous étaient super sympa et souriants. Mais bon, fallait pas parler aux organisateurs croisés dans les allées parce que là, ce n’était pas trop la fête.
Mais en vrai, on s’en fiche un peu, puisque c’était les exposants et les visiteurs qu’il fallait rencontrer 🙂 Surtout que les gens étaient là en famille (mon dieu, moi aussi je veux faire avoir un costume assorti à celui de mon fils !)

En conclusion, j’ai passé deux jours fabuleux à Geekopolis et j’aurais voulu un festival de 4-5 jours pour voir tout ce qui me faisait de l’œil. Aujourd’hui, ma seule crainte, c’est que vu la surface et vu le nombre de visiteurs croisés, j’ai très, très peur que les organisateurs aient du mal à rentrer dans leur frais (c’est entre autre pour ça que je voulais vider mon portefeuille dans la caisse de la boutique avant de partir).
Franchement, ça m’arracherait le cœur qu’ils doivent mettre la clé sous la porte, pour cause de faible fréquentation, après cette première édition génialissime ! Alors j’espère que l’année prochaine, je croiserais encore plus de gens à Geekopolis pour la seconde édition, car définitivement, quel que soit votre niveau de geekerie, quel que soit vos thèmes ou vos univers de prédilection, si vous êtes un passionné d’imaginaire, de près ou de loin, vous êtes un geek et ce festival est TOUT ce dont vous avez toujours rêvé. Mais ça vous ne le saviez pas encore.

Les filles de l'arène d'Avalon

Author: Diraen

Pour maîtriser un peu mieux le concept de la Diraen (qui se prononce « dira haine »), il faut considérer que je suis maintenant une femme de 40 ans, qui aime tellement les jeux vidéo qu'elle travaille désormais à leur production et qui raconte sa vie ici, plus ou moins régulièrement, depuis plus de 15 ans.

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