[Critique] La voleuse de livres

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Une affiche simple, une fillette habillée façon entre deux guerres avec un bouquin dans les bras. Un titre, la voleuse de livres, qui fait de suite penser à une histoire pour enfant. Sans avoir vu la bande annonce, c’est ce que je me suis dit lorsqu’on m’a proposé d’aller le voir. Entre temps, j’ai vu la bande annonce, et par conséquent je suis allé voir le film avec un a priori plus que négatif. Avant de poursuivre, je précise que je suis de nationalité allemande, et je parle couramment l’allemand, le français et l’anglais.

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Je m’explique. L’histoire du film se passe en Allemagne, débute peu avant la seconde guerre mondiale, et se termine bien après. Là, pas de souci. 99.99% du film se passe d’ailleurs uniquement dans un petit village, pour être un peu plus précis. Pour les besoins d’une production à Hollywood, on va prendre des acteurs connus américains (ou anglophones) et on va faire en sorte que tout le monde parle anglais, ça sera plus simple. Ou alors on fait arty et on ne prend que des allemands, et tout le film est sous-titré. Mais non, ici, ils ont voulu le meilleur des deux mondes. Les deux acteurs principaux adultes sont anglophones. L’actrice qui joue la fillette est française, le gros des acteurs restants est allemand. Et tous parlent anglais.
Mais avec un faux accent allemand.
Et en ajoutant des mots en allemand dans leurs phrases en anglais. Et il s’agit presque toujours de « Dummkopf » (imbécile), « Schweinkerl » (gros porc ou connard, masculin exclusivement), et « Schweinmensch » (connard encore, mais utilisable pour les deux sexes. A noter que cette expression est désuète). Il y a quelques passages en allemand uniquement, mais c’est pour tenir des discours nazis. C’est pas insultant du tout. Je ne sais pas pour un américain ou un français, mais moi j’ai trouvé ce parti-pris d’un débile. C’est le pire des compromis idiots possibles. Donc voilà pour le préambule, j’ai trouvé ça nul à chier dès les premières minutes. Et pourtant j’ai essayé de m’y faire.

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Maintenant pour le film et son histoire. Pour faire simple, notre fillette est la progéniture de communistes, et abandonnée par sa mère qui ne peut la nourrir ; recueillie par un couple d’allemands (le gentil père et la méchante mère), le cliché est assez gros. Quand ensuite la thématique nazie vient par-dessus teindre l’univers des enfants blonds en beige, noir et gris, j’ai commencé à un peu abandonner. Et là, l’obligatoire nuit de cristal va nous amener un jeune homme juif dans le foyer reconstitué. 20/20, c’est mielleux à en dégouliner par tous les trous. Mais au final les personnages ont un peu plus de profondeur et de nuances, ce qui relève un peu la sauce. Mais le tout est quand même flanqué de passages insupportables. Attention spoilers:

Spoiler: Ci-dessous SelectionnerLire

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Voilà, je vais pas passer 107 dessus, c’est mou, mal rythmé, et c’est long. Et ce choix artistique de mélanger les langues/accents est d’une débilité tellement profonde que l’histoire n’aurait jamais sauvé le film à mes yeux même si ça avait été bien ficelé (oui c’est hyper subjectif, mais ça c’est la vie). N’y aller pas. A la limite, lisez le livre qui est sensé être mieux.

 

 

Author: Monochrome

Dans la production vidéoludique le jour, et ...autre chose la nuit ! Beaucoup trop de choses à faire dans la vie, et pas assez d'heures dans une seule journée pour les faire. Je dois faire partie de ces éternels insatisfaits qui finissent par trouver le bien-être au travers d'un espresso, le matin sur son balcon. Ou en écrivant quelques lignes qui me passent par la tête.

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