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En ce qui concerne les productions Marvel, je suis, avouons-le, bon public. Quitte à encenser un film avant de finalement réaliser, en le revoyant l’année suivante que ce n’était pas si grandiose que ça…
Du coup, cette fois, pour être bien sûre de mon coup, je suis allée voir Les Gardiens de la Galaxie deux fois. Dans des conditions tout à fait différentes. En avant-première avec le #DisneySocialClub, fin juillet, en VOST, en 3D, dans une salle bondée, puis en VF, en Imax, dans une salle plus qu’à moitié vide (un des avantages de la VF à Paris…)
Et ma conclusion est sans appel : Les Gardiens de la Galaxie, c’est deux fois « oui ». Mille fois même.

Alors j’arrête de suite les grincheux et les cinéphiles en mode « Cahiers du Cinéma« . Les Gardiens de la Galaxie n’est pas un Grand Film, ce n’est pas Rencontre du Troisième Type, on est d’accord, mais en plus d’être un bon film de divertissement, c’est un excellent feel good movie. Et pour ça, on peut remercier une bande originale absolument fabuleuse, parfaitement utilisée. Deux jours après avoir vu le film, je me surprenais encore à danser debout devant mon bureau en chantonnant I want you back ou Hooked On A Feeling. Les deux fois où j’ai vu le films.
En fait, la bande-son, c’est un peu le sixième membre des Gardiens quand on y réfléchit, puisque la cassette audio qui la matérialise est omniprésente pendant tout le film.

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D’ailleurs dans l’ensemble cette équipe est plaisante, même si on regrettera des personnages pas forcément bien introduits ou difficilement attachants au premier abord, comme Drax ou Gamora… Après il suffit de se faire à l’idée que Peter Quill est plus un gamin paumé qu’un leader charismatique pour arriver à l’apprécier et se focaliser sur l’inénarrable Rocket et son adorable et intrigant compère Groot pour passer un moment fort sympathique. Il est vrai que je ne connaissais pas du tout Les Gardiens de la Galaxie avant septembre dernier. Mais genre jamais entendu parler. Du coup, j’avais moins de chance d’être déçue par le portage à l’écran que les fans de la première heure (enfin, s’ils existent)…

L’humour potache et l’autodérision participent également beaucoup à la bonne humeur perpétuelle que dégage le film. Tous les poncifs du film d’action américain sont portés à l’écran pour être immédiatement moqués dans les secondes qui suivent (instant “romance”, scène de motivation, énormissime plan large de la team de winners (?) prêts pour l’action, filmée au ralenti). La scène finale elle-même, même si elle n’est pas désamorcée ensuite, est tellement “trop” qu’elle en devient appréciable.
James Gunn a truffé son film de référence à la culture populaire des années 80 et si vous ne décelez pas les instants « Indiana Jones » ou « Star Wars », il faut revoir vos classiques.
De mon point de vue, c’est tout ce savant mélange qui fait que j’ai eu un vrai coup de coeur pour ce film. Ici pas de héros, juste des paumés qui ne se prennent pas trop la tête avec ce qu’il faut ou ne faut pas faire, faisant passer leurs intérêts particuliers avant le bien commun mais conscient de la limite qui sépare le Bien du Mal (oui, avec une majuscule). J’ai toujours dit que les personnages d’alignement chaotiques bons et chaotiques neutres faisaient les meilleurs héros…

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Avec ou sans 3D ?

D’un point de vue technique, je ne sais si je dois, ou non, vous conseiller la 3D. Elle apporte beaucoup au film en termes d’immersion et rend l’ouverture absolument magistrale. Elle permet entre autres aux décors de cet univers de science-fiction totalement imaginaires de gager en consistance et donc en réalisme ; mais, comme souvent dans les Marvel, les scènes de combats rapprochés sont difficilement lisibles et sur ce point la 3D rend le tout encore plus difficilement compréhensible.
C’est d’ailleurs un des principaux reproches que je ferais à James Gunn : puisqu’il a beaucoup ponctué son film de références aux années 80, il aurait pu pousser le plaisir jusqu’à imiter la constructions des scènes d’actions, quand tout était extrêmement découpé sans que l’intensité de la scène en pâtisse, bref revenir à ce bon vieux temps « d’avant la Shaky Cam« .
La version Imax m’a quand même permis de mieux comprendre le déroulement des combats de la seconde partie du film et ça, ce n’est pas négligeable, même si j’ai eu parfois l’impression que la réalisation était assez « plate » ; sensation que je n’ai pas eu en 3D et sensation amplifiée par le fait qu’en Imax les scènes d’extérieur sur les planètes ou dans l’espace m’ont paru parfois un peu longues. Bref, faites, comme vous le sentez, je n’arrive pas à trancher.

Le doublage, cet écueil habituel…

Parlons maintenant de la Version Française (à prononcer à haute voix avec emphase).
Dans l’ensemble, l’adaptation n’est pas mal, même si la blague que fait Quill sur la propreté de son vaisseau tombe complètement à plat : je ne vois vraiment pas à quel moment l’équipe de traduction s’est dit que garder la référence hyper pointue qu’est l’art abstrait de Pollockpour illustrer un blague assez graveleuse, pouvait avoir la moindre chance de faire rire les français alors que la phrase avait été adaptée dans les sous-titres de la VOST… De même, traduire “I am Groot” en “Je s’appelle Groot” ajoute un petit côté ridicule et vaguement drolatique au comique de répétition du slogan de l’homme-arbre, sauf que « oh, dommage » ça brise toute la poésie de la scène finale du dit Groot. Bien joué les gars.  :/

Surtout quand ils ont décidé de garder le doubleur habituel de Bradley Cooper qui a une voix beaucoup plus légère que le dit Bradley Cooper et qui du coup, même s’il se donne beaucoup de mal n’arrive jamais à insuffler à Rocket une once du côté badass qu’il a en anglais.
Dernier regret, avoir choisi, monsieur Gilles Morvan, le doubleur français incontournable de tous les méchants, badass et/ou noirs que comptent les séries américaines pour doubler Lee Pace « Ronan », LE méchant du film plutôt que de garder sa voix française habituelle, celle de Damien Boisseau. Oui, je sais, je pinaille, mais ça m’a vraiment perturbée…

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Mais non, le vrai ratage de cette version française, c’est le casting voix. D’abord parce que l’équipe est passée totalement à côté des clins d’œil aux fans de SF et plus particulièrement aux fans de Joss Whedon. Ainsi, si en Version Originale, Nathan Fillon (Firefly), Seth Green (Buffy) ou encore Alexis Denisof (Angel) font des caméo vocaux jouissifs, en version française, on a préféré prendre d’autres acteurs au hasard…
De la part de Disney qui est toujours très regardant sur les doublages, c’est quand même une grosse déception.
Surtout qu’à l’écran, les acteurs font le job : Batista s’en sort très bien dans son costume de Drax, Zoé Saldana (qu’on avait découverte dans Avatar puis Columbiana) ne se contente pas d’être juste belle mais est aussi ultra-charismatique et même si la performance de Chris Pratt est parfois un peu mollassonne, ça colle tout à fait à la nonchalance de Star-Lord.

Alors bon, au final, je sais qu’en VF on profite plus des images parce qu’on est moins concentré sur les sous-titres, mais si vous hésitez entre VF et VO et que vous êtes un mordu de “Fan service”, n’hésitez pas : optez pour la seconde option. Et du coup, n’oubliez pas de rester après la fin pour la séquence post-générique. Et ainsi profiter des soupirs de dégoût et/ou de désespoir lancés par les gens qui ne connaissent pas la face honteuse de Marvel et les vrais fans, qui eux, ne la connaissent que trop bien. Ne faisant partie ni des uns, ni des autres, je me suis bien marrée  :lol2:

Pour conclure, Les Gardiens de la Galaxie est un film assez original dans l’univers des productions Marvel, moins formaté que les autres franchises de super héros et, pour le second épisode (d’ors et déjà confirmé au vu des bons chiffres de ce premier chapitre), on espère que James Gunn poussera encore plus loin les concepts d’autodérision, de références et d’humour grossier afin de donner encore davantage d’épaisseur à ses personnages et à cette licence qui s’avère pleine de potentiel.
En attendant, on devrait pouvoir retrouver la fine équipe très vite via tous les produits dérivés que le film appelle (oui, toi, le danseur facétieux, pendant le générique, c’est de toi que je parle), et surtout grâce à leur arrivée prochaine dans Disney Infinty 2.0.

Un film de : James Gunn
Pays d’origine : États-Unis, Grande-Bretagne
Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista (dit Batista), Vin Diesel (voix), Bradley Cooper (voix)…
Durée : 121 minutes (2h01)
Date de sortie en France : 13 août 2014
Vu en : VOST / VF – 3D / Imax
Voir la bande-annonce:On ne regarde pas la bande annonce… Ca spoile trop !

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