[Critique] Spectre – Sam Mendes

[Critique] Spectre – Sam Mendes

Quand on pense aux attentes cinématographiques de l’année 2015, on pense au nouveau Star Wars, au nouveau Disney Pixar…et au nouveau James Bond !

Avant d’aller voir Spectre, réalisé cette année encore par Sam Mendes (joie !), on m’avait dit « il paraît qu’il n’est pas top, prépare-toi ». Et je ne cessais de me demander : « Mais au final, qu’attend-on d’un James Bond ? ». Parce que pour être déçu, il faut quand même avoir des attentes particulières, depuis le temps que la saga existe.

J’imagine que dans l’esprit collectif, la liste suivante devrait se rapprocher de la réalité (pas forcément dans cet ordre) :
– une bonne intrigue
– un bon méchant
– de belles voitures
– de belles nanas
– de belles fringues
– des paysages exotiques
– du générique envoûtant
– des gadgets cools

Ça se résume à peu près à ça, non ? Sans compter un bon acteur pour jouer James Bond, mais sur ce sujet, on a déjà pu se faire notre avis concernant Daniel Craig depuis plusieurs années. Personnellement, si ce n’est sa bouche légèrement tordue, je suis conquise. J’aime ce qu’ils ont fait du nouveau James Bond, oui, je le dis haut et fort ! On ne pouvait plus continuer avec ce personnage à présent désuet et simpliste. Le personnage est, dans sa modernité, inévitablement difficilement appréciable humainement : après tout, c’est un macho concentré sur sa mission et sa mission uniquement. Son intelligence émotionnelle est plutôt limitée et il est pour le moins austère (même s’il ne manque pas d’humour)…pour faire simple, on n’irait pas boire des coups avec lui après le boulot !

Mais voyons donc ce que Spectre donne si l’on se fie à cette liste.

Spectre_poster

L’Intrigue

On ne va pas se mentir, l’intrigue du film est…plutôt bâclée. Sans rien dévoiler, au final, pas mal d’histoires sont laissées en suspend sans que le scénario ne prenne la peine de leur donner une conclusion. C’est le cas de l’intrigue autour de Monica Belluci (mais plus sur ce sujet plus bas), mais aussi le cas de l’intrigue principale si on y réfléchit. Pour rester le plus vague possible, disons que cela s’éparpille pas mal. Au passage, cela me fait toujours rire que les grands méchants de ce monde complotent devant une baie vitrée, c’est d’un pratique !
Première déception du film : le scénario (comme je vous spoile : oui, il y en aura d’autres !)

Le Méchant

Comme toujours il y a un grand méchant mais il apparaît assez tard dans le film. Disons qu’il y a deux types de méchants : celui qui pourchasse James et sa donzelle et tente de les éliminer par tous les moyens. C’est le rôle de la brute épaisse qui fait son entrée grâce à une scène qui rappellera quelque chose aux fans de Game of Thrones. Pour la petite histoire, il est interprété par un catcheur WWE (non, je ne fais pas de pub pour le jeu) et il paraît que c’est un rôle qui le fait paraître intelligent par rapport à d’habitude. Mouahaha.
Il y aussi l’autre type de méchant : le cerveau, le marionnettiste qui reste assez mystérieux jusqu’au face à face tant attendu. En l’occurrence, il est interprété par Christoph Waltz qui nous a habitué à bien mieux en terme de personnage inquiétant. Il faut dire aussi qu’il a, lui même, été habitué à bien mieux en terme de scénario, donc le pauvre a fait ce qu’il a pu. Son personnage manque cruellement d’épaisseur, alors que le postulat de base aurait pu être tellement intéressant ! On touchait à l’affect de ce stoïque de James ! Mais non, c’est encore une fois assez bâclé.
Deuxième déception.

Les Voitures, les gadgets, les habits, les paysages

Groupons le tout ensemble, car on ne va pas non plus y passer la journée. Les voitures font baver, les habits aussi et les gadgets…moui, admettons. Il y en a moins que d’habitude, il faut dire. Cela dit, j’ai un peu du mal à croire qu’une voiture pour espions comporte des petites étiquettes sous chaque bouton pour indiquer sa fonction. Permettez-moi de sourire. Merci. En revanche, on (je) est fan de Q, le personnage et l’acteur sont parfaits !
Quant aux paysages, s’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas enlever à Sam Mendes, c’est son talent de réalisateur. C’est extrêmement bien filmé et la photo est magnifique. Mention spéciale pour la scène d’ouverture qui se déroule lors de la Fête des morts, au Mexique. Époustouflante !

Spectre_opening

Bien sûr on a le droit à une petite scène au ski, la neige se prêtant bien aux scènes de course-poursuites en avion (James est dans l’avion et ceux qu’il pourchasse dans une voiture, au sol. Le tout dans une forêt de sapin. Tout va bien)

Le générique

Alors c’est sûr qu’après le magnifique générique de Skyfall, accompagné de la voix d’Adèle qui ferait pleurer le plus sec des cœurs de pierre; il est compliqué de subir la comparaison. Tout d’abord la chanson. Je dis non. Aucun intérêt, je l’ai oubliée aussitôt. Je n’ai rien contre Sam Smith pourtant, mais je trouve ça gentillet, pour James Bond il nous faut du puissant !
Quant au générique en lui-même, j’ai beaucoup aimé l’iconographie de la pieuvre qui en est le fil conducteur. Ils ont réussi à en faire un élément très sensuel, voire presque trop lorsqu’une silhouette de femme s’y dessine et que l’apparition un peu tardive de la silhouette de Bond m’a rassurée…

Les James Bond Girls

Que les féministes calment leurs ardeurs de manif pour qu’on les appelle les « James Bond Women », ou juste « Women » d’ailleurs, car de quel droit ? Pas de place pour le féminisme dans James Bond. Cela dit reconnaissons que l’une de ses « girls » lui sauve la vie au moins une fois dans Spectre ! Progrès !
Si l’on est très précis il y a 3 James Bond girls dans Spectre. La première passe un peu à la trappe et se fait délaisser par un James Bond occupé à traquer des méchants. Le salaud ! Rien à dire sur celle-ci.
La deuxième, c’est la divine Monica Belluci. Si, il faut bien avouer qu’elle est absolument magnifique, même si ce n’est vraiment pas ma personnalité préférée. L’alchimie entre les deux personnages est palpable et c’est sexy ! Malheureusement, la pauvre est relayée au rang secondaire et James l’abandonne un peu à son sort. On aurait aimé que cela continue, mais enfin…James Bond est ce qu’il est et ne s’attache pas aussi facilement. A moins que ?

Spectre_Monica
La troisième est, malheureusement, la principale : Léa Seydoux. Doux Jésus, au secours. Bon alors passons sur le fait que depuis sa première apparition elle pue la méchante sous couvert de demoiselle en détresse, passons aussi sur le fait que je n’aime pas du tout cette actrice ni ce qu’elle dégage (cela m’a quand même rassurée de constater que mes collègues anglais qui n’avaient pas d’a priori étaient du même avis). Venons-en donc au fait : leur histoire d’amour n’a absolument AUCUN sens. Franchement, James, je sais que tu es fragile sous tes airs de bourru, mais quand même, soyons sérieux ! Les dialogues entre eux sont d’une niaiserie…En plus de cela, il n’y a absolument aucune alchimie entre eux sur la pellicule. J’avais envie de crier à l’écran « Rendez-nous Monica ! ». Malheureusement il a fallu supporter la Léa pendant tout le reste du film. Elle essaye bien de se la jouer intelligente hein, de jouer les femmes fortes et de résister à Bond, mais désolée Léa, ça ne prend pas ! C’est simplement ridicule. L’idée de te voir dans le prochain ne m’enchante pas, je te ne le cache pas !
Sinon, on aime toujours autant Moneypenny !

Pour conclure, ce James Bond est décevant si l’on en croit ces critères. Car oui, si l’on prend la peine de réfléchir, ce n’est franchement pas le meilleur des James Bond. Mais si l’on laisse son cerveau à l’ouvreuse avec nos 13 livres (oui, j’ai mal), un dimanche soir, on peut passer un bon moment et se moquer gentiment des incohérences sans que cela nous gâche le plaisir.

[NdlR : Hier, Ada avait adopté un autre point de vue, sur le même film, Spectre]

Un film de : Sam Mendes
Pays d’origine : Grande-Bretagne, États-Unis
Avec : Daniel Craig, Monica Belluci, Léa Seydoux, Ralph Fiennes, Christoph Waltz, Ben Whishaw, Naomie Harris
Durée : 2h30
Date de sortie en France : 11 novembre 2015
Vu en : VO

Voir la bande-annonce

[Critique] Gone Girl – David Fincher

[Critique] Gone Girl – David Fincher

Quand je suis allée voir Gone Girl, je n’avais pas entendu parler du film, ni vu la bande-annonce ; je savais juste que c’était le dernier film de David Fincher et j’avais vu l’affiche. Bien maigre me direz-vous ! Oui, mais j’avais quand même envie de le voir. Et que j’ai bien fait d’y aller les yeux fermés !

Gone Girl_affiche

Gone Girl, un thriller comme les autres…

Cela commence comme un thriller tout ce qu’il y a de plus classique. Nick et Amy (Rosamund Pike, excellente) sont mariés depuis cinq ans et devraient fêter leurs noces de bois mais au lieu de ça, Amy disparaît sans que Nick ait idée de l’endroit où elle peut être. La police pense à un enlèvement et bien entendu, le suspect numéro un devient bien vite le mari. Les preuves s’accumulent, on doute avec la police parce que quand même, il a un air louche ce Nick (Ben Affleck, égal à lui-même, un charisme peu extraordinaire mais qui correspond parfaitement au rôle). D’autant plus louche qu’en parallèle de l’enquête, le spectateur se voit offrir le journal intime de la disparue, qui nous raconte ainsi leur rencontre, le couple parfait qu’ils sont devenus, puis comment de New York ils ont dû déménager dans le Missouri pour cause de problèmes financiers. Bref, la vie d’un couple où tout n’est plus rose après quelques années.

Le couple, cette comédie

Cette première partie mêlant flashbacks et enquête policière a beau ne pas être la plus intéressante (bien sûr, on s’intéresse à l’enquête, mais c’est la deuxième partie la plus jouissive), on y trouve déjà beaucoup de choses qu’on explorera plus en profondeur dans la suite du film. Fincher nous parle du couple, de son image face aux autres d’une part, et au sein même du couple d’une autre part. Les attentes inhérentes à un couple hétérosexuel aujourd’hui et qui sont propres à l’évolution de notre société. La femme doit être « cool » : ne pas être castratrice, aimer manger de la pizza tout en restant mince voire taille mannequin, aimer le sexe toujours, tout le temps. L’homme quant à lui, n’est plus tenu d’être celui qui apporte l’argent à la maison mais en contrepartie doit bien se garder d’agir comme un enfant attardé, doit montrer une certaine image de confiance en soi, de dynamisme, être tendre et exprimer ses sentiments et enfin, faire preuve d’empathie.
Le couple de Gone Girl est la parfaite représentation du couple d’aujourd’hui, ce que les gens attendent d’un couple. Un couple parfait aujourd’hui se doit d’être, en public, complice, épanoui, loin du niais (lorsque le couple s’offre le même cadeau pour leurs noces de coton, Amy dit qu’ils sont tous les deux « parfaits, à claquer »)  et de ne pas se laisser miner par le quotidien. Au cours du film, Amy ne cesse de répéter « Dis-moi que nous ne serons pas comme tous ces couples ». Oui, car c’est ça aujourd’hui l’image d’un couple : il faut être au-dessus des autres. Meilleurs. Plus forts. Car c’est bien là le thème central du film : qui sera le plus fort ?

Gone Girl_poupée

Les apparences

En parallèle, et ce tout le long de l’enquête, Fincher montre à quel point les médias sont devenus omniprésents au Etats-Unis, dans la continuité de cet attachement aux apparences (titre en français du livre dont est tiré le film d’ailleurs, Les Apparences). Chaque photo, chaque faux pas sera décelé, décortiqué et le coupable jugé sur la place publique. On croirait presque que les protagonistes ont davantage peur de l’opinion publique que de leur sort judiciaire. Auraient-ils raison ? Au final, tout n’est-il pas basé, dans ce genre de société, sur sa capacité à jouer la comédie et à donner au « public » ce qu’il veut voir ?

Au-delà de LA grande surprise qu’est la tournure des événements dans la deuxième partie du film, ce qui m’a le plus étonnée, c’est que j’ai ri. Je connaissais le Fincher spécialisé en thriller noir mais je ne connaissais pas le Fincher drôle ! Attention hein, cela reste une ambiance lourde, mais dans le jeu d’acteur, dans les répliques, au final tout est ironique. Comme s’il nous disait « Allez, on se détend, tout ceci n’est qu’un jeu. »

Quant à la réalisation…que vous dire si ce n’est que David Fincher est décidément brillant ? Malgré les différents niveaux de lecture, les flashbacks, les changement d’ambiance et de perception des personnages, jamais il ne perd son spectateur.

Bon, je vous avoue que c’est compliqué d’arriver à aborder tous les thèmes sans dévoiler ce qui est le plus jouissif dans le film. Je ne dirai que ceci : j’en suis sortie toute retournée en me disant « Mais, mais, mais ? Qu’est-ce qui vient de se passer ? « . Et comme diraient les bichons « gros BISOUS quoi ! ».

Je me tairai donc à présent (au risque d’être frustrée) et vous laisse juger si Gone Girl est digne de votre intérêt.

Moi j’dis qu’oui !

Un film de : David Fincher
Pays d’origine : États-Unis
Avec : Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris
Durée : 2h29
Date de sortie en France : 8 octobre 2014
Vu en : V.O.S.T.
Voir la bande-annonce (le mieux c’est de pas la regarder quand même)
[Critique] Mommy- Xavier Dolan

[Critique] Mommy- Xavier Dolan

Ca y est. C’est aujourd’hui que sort Mommy. Le petit dernier de Xavier Dolan ! Jouez hautbois, résonnez musettes ! Comme je l’ai vu en avant-première il y a quelques semaines, permettez-moi de vous dire que si vous l’attendez, vous avez bien raison !

 

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Noyau dur

Je vous présente Diane. Diane, incarnée par la sublime Anne Dorval (déjà la figure de mère dans J’ai tué ma mère), est veuve et le film débute lorsqu’elle est obligée de récupérer son Steve de fils, mis en institut pour TDAH (trouble déficit de l’attention / hyperactivité). Ils vont devoir se retrouver, (sur)vivre ensemble  et tenter de faire cohabiter leurs personnalités explosives. Ils vont aussi faire la connaissance de la voisine, Kila, qui vit avec son mari et sa fille. Elle est prof, très discrète, elle parle très peu, et son regard est celui d’un écureuil effrayé. Bref, elle est tout ce qu’ils ne sont pas. Ensemble, ils vont créer un noyau familial bien à eux.

Let the sunshine in

Ce qui est incroyable dans ce film, c’est la lumière qui s’en dégage. On ne peut pas vraiment dire que leur destin soit joyeux, loin de là. Chacun déborde de fragilité à sa manière : le fils tour à tour explose de rage, danse, crie, rit, étouffe d’amour celles qui l’entourent ;  la mère porte des vêtements criards et vulgaires, flirte, fume fume fume, est perdue, éclate de rire bruyamment, étouffe sous l’amour de son fils et l’aime à en crever ; Kila (interprétée par Suzanne Clément, également la prof dans J’ai tué…) porte les vêtements les plus classiques du monde, est toute en douceur puis effrayante lorsqu’elle laisse parler ses émotions, a une belle voix et se laisse totalement séduire par les deux autres. En bref, cette petite troupe est un brin hystérique.

Cependant, et ce de façon constante, dans la réalisation, la photo et même le jeu des acteurs, on retrouve cette lumière solaire. On rit vraiment beaucoup, on respire aussi énormément. Et heureusement, car certaines scènes sont épuisantes de tension pour le spectateur. Le choix de Xavier Dolan de filmer en format portrait lui permet de se concentrer sur ses acteurs, on ne voit qu’eux, il n’y a pas de distraction annexe à l’écran. C’est également par ce procédé que les scènes de cri et de violence font réellement suffoquer le spectateur.  On sent la tension monter, monter et au moindre mot plus haut que l’autre on a peur de l’escalade jusqu’au drame. On a toujours peur du mot de trop. Comme on se sentirait dans une famille  explosive qui n’est pas la nôtre et dont on ne connaît pas les codes.

 

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La musique, un personnage chez Xavier Dolan

Un détail dont on se fiche probablement, mais je l’ai  noté : au début du film, on nous dit être dans le futur très proche (2015), cependant la musique qui rythme le film est en grande majorité de la musique datant des années 90 et les téléphones m’en ont tout l’air aussi…Réentendre Vivo Per Lei, Wonderwall, Colorblind, ce sont là les chansons de mon adolescence précisément.

Et comment ne pas parler de cette scène pivot dans laquelle tout se joue ? Steve provoque, Kila est d’abord sur la réserve et observe ce grand blond si intimidant malgré sa jeunesse et Diane se demande si Kila va les accepter. S’ensuit cette incroyable scène où on a envie de chanter et de danser avec eux sur la voix du « trésor national ». Il y a une vraie magie dans cette scène (et c’est une fille qui déteste Céline Dion qui vous le dit). Tout comme dans ce fou rire qui suit et qui m’a moi-même gagnée. On se dit que ça y est, c’est parti, l’espoir est permis. Cette envie de liberté des personnages devient évidente. Et on se détend avec eux.

 

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Bon voilà, il faut que je m’arrête sinon ça va être trop long mais on en parle quand vous l’aurez vu ? Parce que, oui, vous irez voir Mommy, hein. Allez, hop hop hop ! Allez vous prendre cette gifle et vivre ce tourbillon émotionnel. Et après, on en parlera ensemble. Et si toi aussi tu brailles du Céline Dion dans ta salle de bains suite à ce film, ne me laisse pas dans cette solitude : dis-le moi !
Un film de : Xavier Dolan
Pays d’origine : Canada
Avec : Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément
Durée : 2h18
Date de sortie en France : 08 octobre 2014
Voir la bande-annonce (on évite l’autre !)

Le ciné en plein air à La Villette [part I]

Le ciné en plein air à La Villette [part I]

Chaque été, pendant un mois, La Villette organise autour d’un thème des séances de ciné en plein air gratuites, sur sa belle pelouse vert chatoyant (sérieux, il y a une séance quasi tous les soirs et la pelouse est ni-ckel !). L’occasion de réviser ses classiques et ses moins classiques, de pique-niquer et de profiter de l’ambiance d’une foule qui s’égosille vers l’écran.

 

Villette

 

 

Le thème de cette année : « Adolescences« . L’occasion de (re)voir films d’auteur (Pauline à la plage), films indé (Moonrise Kingdom), films d’horreur (Scream 4), comédies musicales adolescentes (Fame), Klapisch (Chacun cherche son chat), comédies (Les Beaux Gosses) et même de piquer un roupillon se laisser porter par l’ambiance flottante de Somewhere. Il y en vraiment pour tous les goûts, et c’est ça qui est chouette.

Parce que clairement, le but n’est pas d’y passer toutes ses soirées d’été. Personnellement, il y a toujours plusieurs films sur ma liste et au final je n’arrive qu’à en voir un (et encore).

Cette année, j’ai choisi d’aller voir Scream 4.

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Le type de film qu’il est fort plaisant de voir dans l’ambiance du ciné en plein air. C’est léger (donc c’est pas grave si on rate des répliques), c’est drôle et ça crée une émulation générale. On pousse des « baaaaah » parce que c’est dégueu, on ricane quand les deux nanas pourchassées par le tueur décident de se séparer (c’est Wes Craven hein, il fait exprès), on rit quand l’ex-actrice de Heroes dit « J’ai des super-pouvoirs » d’un ton ironique (et quand Amy de Community pousse son « aww ») et on applaudit à tout rompre quand le tueur se fait enfin dégommer.

Un bon choix de film aussi : les comédies musicales. Si on aime bien sûr. Tout le monde chante, récite les répliques et même danse à la fin. Je l’avais fait pour Grease l’année dernière. N’étant pourtant pas fan du film en lui-même, j’avais néanmoins passé une très très bonne soirée. Cette année, je vais tenter d’aller voir Fame.

C’est une des raisons qui me fait aimer Paris en été. L’écran est top (j’ai l’impression qu’ils ont investi encore dans un nouveau modèle cette année) et il y règne vraiment une ambiance sympathoche. D’abord, cela commence (en général) par un pique-nique champêtre. Et ça, c’est chouette. Il y a beaucoup de monde mais on ne se sent jamais pour autant envahi par les autres : la courtoisie est de mise, les gens sont détendus et j’apprécie toujours cette chorégraphie bondissante de ceux qui se signalent aux retardataires du groupe à coup de grands gestes ou de clignotage de téléphone.

Cela demande aussi de la logistique ! Si, si ! Parce que oui, d’accord, c’est l’été, il fait chaud (normalement) mais le film commence dès la nuit tombée. Et là, c’est une toute autre histoire parce que les fesses posées sur une pelouse qui s’humidifie dès que le soleil disparaît, eh ben ça fait qu’on a froid ! En plus d’un gros sweat, on peut aussi s’armer de sacs en plastique pour se protéger les fesses et même de couvertures pour ceux qui n’ont pas peur d’être chargés (fin des bons conseils de tata Tatoe).

Parce que le confort est de mise pour certains, on peut également louer à la Villette transats et couvertures pour 7 € (20 € les 5). Je n’ai jamais tenté mais justement, cette année Le Club 300 m’a offert des invit’ donc je vais y avoir droit. Je vous dirai tout sur cette nouvelle expérience dans une prochaine note (quel teasing, mes aïeux !).

Champ de Mars 009

Mais le cinéma en plein air, ce n’est pas juste du saucisson et des températures extrêmes, c’est aussi une véritable guerre des classes !
La location des transats entraîne des désaccords entre les riches et les pauvres (n’ayons pas peur des raccourcis). En effet, les personnes disposant de transats (les « riches ») respectent peu l’incitation de la Villette à se placer sur les COTÊS de la pelouse et gênent ainsi les personnes pique-niquant à même le sol (les « pauvres », vous l’aurez compris). Ce n’est pas bien grave tant qu’on ne fait que pique-niquer, mais lorsque le film commence, c’est une toute autre histoire ! Il faut alors s’adapter aux gigotements des uns et des autres cherchant une position confortable ET dans laquelle on voit l’écran. Une vraie situation de précarité dont on ne parle pas assez.
Oui, la guerre fait rage entre les riches et les pauvres à la Villette. J’en veux pour preuve cette violence inouïe déclenchée par l’annonce juste avant le début du film, rappelant aux locataires de transats qu’il est mieux de se placer sur les côtés. Les « pauvres » se sont alors mis à … applaudir. Point de cris, point de protestations, point de « bouh ». Simplement des applaudissements. Cordialité et bonne ambiance, je vous dis !

Autre chose que je trouve très appréciable : les gens prennent soin de jeter leur détritus. Certes, les poubelles en bordure de pelouse débordent, mais au moins, tout est mis dans des sacs plastique et La Villette a même mis des poubelles à verre pour que les cadavres de binouzes y soient déposées directement. Et ça, c’est quand même ‘achement bien. Autre conseil de tata Tatoe en conséquence : un sac plastique à part pour le verre, tu feras (non parce que là, j’ai dû farfouiller dans notre poubelle « normale » pour jeter nos bouteilles en verre, pouah) !

Allez, zouh, on se jette sur le programme ! Vous avez jusqu’au 24 août ! Et moi, je vous retrouve pour vous dire comment c’est du côté des « riches ».

[Critique] Dragons 2 – Dean DeBlois

[Critique] Dragons 2 – Dean DeBlois

Vous souvenez-vous de ce petit bijou qu’était Dragons ? Sorti un peu de nulle part (dans le sens où ça faisait bien longtemps que Dreamworks animation n’avait pas sorti un truc qui m’avait plu), c’était une belle surprise et j’avais quitté la salle en me disant que j’aurais bien un petit dragon à moi, qui me ronronnerait sur les genoux. Bon, ok, j’ai peut-être pas tout compris au message du film, me direz-vous…Mais quand même, quand j’ai vu que la suite, Dragons 2, sortait j’avais hâte de voir ce que ça donnait ! Avec tout de même une petite trouille au ventre : est-ce possible de faire une suite à la hauteur ?

 

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Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps, la réponse est : oui !

L’action se situe quelques temps après le premier volet. Les dragons volent à foison dans le village de Berk. Tout le monde possède au moins un dragon, ils sont utilisés pour différents travaux et sont aussi de vrais animaux de compagnie (ha, vous voyez, j’étais pas si loin du compte !). Harold et Krokmou sont sans cesse en quête de nouveaux continents dans les environs de l’île. Au cours d’une de leurs escapades, ils découvrent une grotte de glace et entendent parler d’un certain Drago, un personnage dangereux qui menacerait la paix entre hommes et dragons.

La première chose qui m’a frappée, ce sont les progrès en animation qui ont été faits.
Que ce soit au niveau des textures ou des expressions faciales : impressionnants ! Les visages humains sont cesse en mouvement, rien de figé ici. Les scènes émouvantes n’en sont que plus touchantes (oui, j’ai pleuré, et alors ?). Il en va de même pour les dragons. Lors de la conception des dragons, il est clair que l’équipe s’est amusée à s’inspirer d’animaux existants pour la gestuelle, les attitudes, voire les personnalités des dragons ; on trouve notamment un chien, un hibou et une poule (oui, un dragon basé sur une poule, vous avez bien lu !).
Ils se sont également fait plaisir (et nous font surtout plaisir à nous) avec les décors. Les scènes de vols à dos de dragon sont incroyables – heureusement que je ne l’ai pas vu en 3D, en revanche… Sans parler des décors des différentes îles, notamment lorsque l’on découvre « l’île aux dragons » : vraiment superbes.

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Côté scénario, rien à redire. On ne s’ennuie pas une seule seconde. On rit beaucoup. On pleure. On retient son souffle. On est même surpris.

On peut aussi jouer à reconnaître les voix des doubleurs, les réponses ci-dessous pour ceux qui veulent, les autres je vous laisse vous creuser la tête.

Spoiler: Ci-dessous SelectionnerLire

Je réitère donc : oui, cet opus est aussi bon que le premier. Étant donné qu’ils ont déjà prévu d’en faire un troisième, espérons qu’ils continuent sur leur lancée de qualité !

Un film de : Dean DeBlois
Pays d’origine : États-Unis
Avec : Cate Blanchett, Gerard Butler, America Ferrera, Jonah Hill, Kirsten Wiig, Kit Harrington
Durée : 1h43 min
Date de sortie en France : 2 juillet 2014
Vu en : VOST – numérique

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